Quel bilan cardiaque pour quel sportif ?

04 Septembre 2016 Dr Philippe Pirenne

 

Pourquoi réaliser un bilan cardiologique dans le cadre d’une pratique sportive ?

 

La pratique sportive de haut niveau et de compétition pose un problème paradoxal. De manière générale, vu ses bienfaits, la pratique sportive doit toujours être encouragée.

Toutefois, le sport, pratiqué de manière intensive peut également précipiter le décès d’une personne porteuse d’une anomalie cardiaque méconnue. A l’inverse, et il est capital de le souligner, le sport ne crée par de maladie cardiaque, mais peut les révéler si elles sont méconnues.

 

Pourquoi le sport intense ?

 

Parce que l’activité sportive intense va solliciter au maximum les ressources cardio-vasculaires, imposant une contrainte importante au niveau du coeur. Dans ces conditions et souvent en présence d’un élément déclenchant additionnel, un trouble du rythme potentiellement mortel peut survenir, entraînant soit une syncope soit le décès brutal, en plein effort.

 

Quels sont les accidents cardio-vasculaires liés au sport ?

 

Il s’agit avant tout de la mort subite pendant un effort intense.

Tout le monde a en tête ces images de sportifs/athlètes, s’écrasant sur le terrain, atteints d’une mort subite. Ces images sont souvent choquantes et largement diffusées.

La cause de la mort subite lors d’une pratique sportive intense varie en fonction de l’âge.

Chez les jeunes sportifs, la cause est en général liée à une anomalie cardiaque congénitale. Parmi ces anomalies, les plus fréquentes sont : la cardiomyopathie hypertrophique (CMH), la dysplasie arythmogène du ventricule droit (DAVD), une implantation anormale des artères coronaires, les myocardites (inflammation du muscle cardiaque),…

Chez les sportifs plus âgés (> 35 ans), ces dernières passent à l’arrière plan et c’est la maladie des artères coronaires (athérosclérose) qui prédomine dans plus de 85% des cas.

 

Quel bilan doit-on réaliser ?

 

Le bilan cardiologique à réaliser dépend donc en priorité de l’âge du sportif. Dans tous les cas de figure, un interrogatoire précis et un examen clinique, associé à la réalisation d’un électrocardiogramme de repos (ECG) seront nécessaires.  

 

Une échographie du cœur sera réalisée si l’interrogatoire, l’examen clinique ou encore l’électrocardiogramme de repos mettent une anomalie en évidence (par exemple si on ausculte un souffle au cœur ou encore si l’ECG de repos montre une anomalie de type structurelle (CMH))

 

Enfin, l’épreuve d’effort sera systématique chez le sportif âgé de plus de 35 ans. Chez les plus jeunes, l’épreuve d’effort n’est utile que s’ils présentent des plaintes suspectes à l’effort (douleur thoracique, essoufflement anormal, palpitations, vertiges, … lors des efforts).

 

A quel rythme faut-il réaliser ces bilans ?

 

De manière systématique, tout sportif compétiteur âgé de 12 à 35 ans doit bénéficier d’un bilan cardiologique avec ECG de repos. Ensuite, si ce premier bilan est normal, pour les plus jeunes, tous les 3 ans jusqu’à 20 ans. Entre 20 et 35 ans : tous les 5 ans. La fréquence des visites dépend également des exigences de chaque fédération, essentiellement pour des motifs d’assurabilité.

 

Par contre, si le cardiologue trouve une anomalie qui ne contre-indique pas entièrement la pratique sportive de compétition mais nécessite un suivi, le rythme des visites dépend de la pathologie considérée.

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